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Brevet Cyclotourisme

Parcours piraté

6h45, boulevard Delory à Roubaix, j’aperçois comme un éclair de flash sur la gauche. Un radar ? Le coup de tonnerre qui suit de peu me rassure, enfin façon de parler car la pluie tombe plutôt drue et j’ai les pieds déjà trempés.

Ne ferais-je pas mieux de retourner me coucher? J’arrive au bout du Boulevard Motte et la configuration des lieux n’est pas celle que j’avais mémorisée en regardant le plan. J’aurais du imprimer l’itinéraire.

7h00 du mat, un dimanche pluvieux de changement d’heure, pas grand monde dans les rues.

« Pardon monsieur, la rue Boucicaut ? » – « Connais pas ». Je rejoins le canal dont je me souviens qu’il est proche du départ. Pas de rue Boucicaut et pas âme qui vive. Je rentre, je rentre pas ?

Tiens un balisage cyclotouriste, je décide de le suivre et arrive à Leers.

Bingo !! Au Centre Daudet je tombe sur un nouveau balisage tout frais. Un L surmonté d’un A et d’un triangle. Sûrement l’oeuvre de l’Audax de Leers.

Gagné!! Après quelques kilomètres, le parcours se divise en deux et propose trois distances 30 km, 60 km ou 95 km. C’est le parcours de la randonnée organisée par l’AL dimanche prochain et que les organisateurs prévoyants ont déjà balisé.

Le temps est un peu moins humide, partons pour le 95 km.

En chemin je croise le ravitaillement de la randonnée que je prévoyais de faire. Pas grand monde sur le parcours, ils vont rester avec leurs tranches de gâteaux déjà coupées. Je m’arrête et fais comme si.

Faute de topo écrit, je ne peux pas décrire le parcours précisément. Je cite de mémoire Leers, Toufflers, Templeuve (B), Hertin, Lamain, Esplechin, Froidmont, Taintignies, Wez, Brunehaut, Rongy, Rumegies, Sameon, Landas, Aix, Esplechin…

J’ai perdu la trace et la pluie s’intensifiant je rejoins Willems, Villeneuve d’Ascq et Mons-en-Baroeul.

Je regrette de n’avoir pas mis mes surchaussures. Malgré les 10° annoncés au thermomètre de la maison ce matin, j’ai l’onglet aux pieds.

Ah quelle belle matinée.

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Brevet Cyclotourisme

Mons à vélo

Parcours classique en Pévèle-Mélantois proposé par le Cyclo Club de Mons.

Plusieurs distances étaient au programme : 20 km, 40 km, 60 km, 80 km.

Départ, salle du Baroeul, rue du Baroeul à Mons en Baroeul. Le parcours est balisé d’une simple flèche jaune.

Le parcours du 80 km : Mons-en-Baroeul, Villeneuve d’Ascq, Forest-sur-Marque, Tressin, Anstaing, Gruson, Bouvines, Louvil, Genech, Huquinville, La Coquerie, Vert-Bois, Deregnaucourt, La Broderie, Sec-Mont, Mons-en-Pévèle, Mérignies, Molpas, Haute-rue, Ennevelin, La Verte Rue, Péronne-en-Mélantois, Bouvines, Gruson, Anstaing, Sainghin-en-Mélantois, Les 4 Cantons, Lezennes, Lille-Hellemmes, Villeneuve d’Ascq, Mons-en-Baroeul.

Le parcours du 60 km : Mons-en-Baroeul, Villeneuve d’Ascq, Forest-sur-Marque, Tressin, Anstaing, Gruson, Bouvines, Louvil, Genech,Templeuve, Moulin de Vertain, Péronne-en-Mélantois, Bouvines, Gruson, Anstaing, Sainghin-en-Mélantois, Les 4 Cantons, Lezennes, Lille-Hellemmes, Villeneuve d’Ascq, Mons-en-Baroeul.

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Pensées cursives

La crevaison

La crevaison est, pour le cycliste, source d’une réflexion d’une grande richesse qui fait appel à différents domaines de la pensée.

Sans prétendre à l’exhaustivité, j’en identifie au moins trois : les mathématiques, la psychologie, la philosophie.

Les mathématiques tout d’abord avec la question de la fréquence et des probabilités. Celle qu’en effet ne manque pas de se poser le cycliste utilisateur de pneus de 23c, est : vais-je crever aujourd’hui ? Il semble que la crevaison ne suive pas de loi statistique bien établie. Tout au moins n’ai-je pas réussi encore à l’identifier.

Il faut dire que le passage du randonneur au vélo de course s’est accompagné pour moi d’une série impressionnante de crevaisons : pas moins de dix pendant les cinq cents premiers kilomètres. J’en étais parvenu au point où je m’apprêtais à retrouver mon vieux randonneur Raleigh. Et puis, sans savoir pourquoi, la fréquence a diminué. Troublant.

Bien sûr les esprits forts auront tôt-fait d’avancer qu’il devait rester, inséré dans le pneu, un corps étranger source des crevaisons à répétition. N’étant pas complètement novice dans le cyclotourisme, j’ai tout de suite examiné scrupuleusement mon pneu, sans rien trouver.

D’autres avanceront l’effet d’expérience. Il est certain qu’à crever trop souvent on regarde à deux fois où l’on pose ses pneus, on évite certains bas-côtés où quelques fêtards avinés tendent à laisser des reliefs tranchants de leurs libations. Mais cela n’explique pas tout.

C’est là que le recours à la psychologie peut apporter un éclairage utile. Et si la crevaison n’était avant tout que le résultat d’un acte inconscient. En d’autres termes, si nous le faisions exprès à l’insu de notre plein gré.

Une anecdote pourrait suffire à emporter la conviction des plus incrédules. Dans un reportage sur une randonnée cyclotouriste, j’avais vu la photo d’un cycliste réparant une crevaison et dont le commentaire mentionnait que, comble de l’infortune, elle s’était produite à un kilomètre de l’arrivée. J’y repensai lors d’une randonnée et ce qui devait arriver arriva (enfin cela se discute), je crevai à un kilomètre de l’arrivée.
On ne peut donc exclure la pulsion secrète qui me fit dévier ma trajectoire pour rouler sur un clou ou un bris de verre entraperçus de façon quasi subliminale.

Coïncidence ou destin ? Car à celui qui refuse l’explication psychologique, que reste-t-il sinon le hasard ou la destinée. Et si les crevaisons et autres incidents étaient inscrits de toute éternité par l’Etre suprême ? Voilà qui ruine les démarches marketing des fabriquants de pneus. A quoi sert-il d’acheter des pneus avec renfort anti-crevaison s’il est inscrit que tel jour à telle heure nous crèverons ? Sauf à se dire que cet achat est un élément constitutif de l’accomplissement de notre destinée.

A ce jeu, la tête me tourne aussi vite que mes roues.

Prudent, c’est donc avec un talisman, des pneus renforcés, une conduite qui privilégie le haut du pavé… et deux chambres à air de réserve que je parcours les routes.

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Histoires courtes

La femme du cycliste

Quel monstre d’ingratitude.

Les coudes posés sur la table de la cuisine, la tête entre les mains, la femme du cycliste regardait leur passé.

A-t-il donc tout oublié ?

Ces kilos de pâtes engloutis des années durant, parce qu’il lui fallait des sucres lents, qui me font ces hanches de jument boulonnaise.

Ces réveils dès potron-minet les dimanches matin, jours de randonnée.

Ces après-midi de juillet, passés sous un soleil de plomb à attendre le passage des coureurs du Tour, finalement à peine entrevus.

Dire que je me faisais un point d’honneur à ce que ses tenues soient toujours propres. Toutes lavées à 30°, sans assouplissant pour garder intactes leurs propriétés «respirantes». Et encore, ça c’était après qu’ils ont mis au point les fonds de cuissard synthétiques. Avant, quand ils étaient en peau de chamois, ils fallait les laver à la main.

Se souvient-il encore des fois où j’ai du aller le chercher en voiture pour un problème de roue ou de dérailleur.

A-t-il seulement réalisé ce que supposait de calcul, de faculté d’anticipation, voire de divination, l’art de tenir le repas prêt à l’heure où il rentrait, l’estomac dans les talons.

Mais non !

Toutes ces attentions, tous ces efforts, effacés d’un coup pour une jeunette de 65 ans dont le seul mérite est de pouvoir encore porter des « cyclistes » moulants et rouler 50 kilomètres le dimanche.

Quel monstre d’ingratitude.