Le Père Noël est un cycliste (2)

Un moment d’inattention et le voilà parti tout seul. Pour l’instant il reste dans la région, mais allez savoir ce qui peut passer par la tête d’un cycliste resté enfermé dans un magasin de jouets.

Ceci étant, des fois que vous ne le remarqueriez pas, je ne suis pas mécontent de l’ombre portée. C’est sans doute perfectible, mais je progresse dans l’acquisition de Photoshop. Prochaine étape, j’ajoute des spectateurs. Las, je n’ai qu’une semaine de vacances et plein d’autres choses à faire. Ce ne sera peut-être pas le prochain article.

 

Le Père Noël est un cycliste

Ho, Ho, Ho !! Devinez ce que le Père Noël m’a offert cette année. Un coureur cycliste miniature. De ceux avec lesquels je jouais à un âge où je ne pouvais encore rouler seul.

Tout fringant celui là, comparé au dernier qui me restait, dont le maillot était un peu défraichi, et qui a disparu lors d’un déménagement.

Ni une, ni deux, nous voici sans attendre partis tous deux pour une randonnée. Et quitte à rêver, nous sommes déjà en été.

Le randonneur bleu (2)

Je me souviens d’une petite blonde qui ne me laissait pas indifférent et venait au lycée en vélo. J’adoptai alors également le deux roues pour m’y rendre et lui faire un brin de conduite après les cours.

Ma mère ne fut pas sans s’étonner que je prisse mon vélo pour me rendre en classe alors que nous habitions à cinq cents mètres de l’établissement.

Non, en fait mère ne s’étonna pas que je prisse. C’était plutôt la mère de Marcel qui parlait à l’imparfait du subjonctif. D’ailleurs tous dans la famille maniaient l’imparfait du subjonctif avec une aisance déconcertante, Marcel le premier.

Fils unique, il était couvé par sa mère et sa grand-mère qui habitait avec eux. Sa bonne, venait l’amener et le chercher tous les jours en 2 CV. J’ai longtemps cru que c’était sa mère, ce n’est qu’un jour que je lui disais qu’elle l’attendait depuis longtemps qu’il m’informa de l’identité de sa conductrice.

Enfant chétif, éternel dispensé d’éducation physique, il était vite devenu, sinon le souffre-douleur, au moins la victime privilégiée de certaines facéties. Régulièrement, il se faisait subtiliser les madeleines que lui confectionnait une de ses tantes et, sauf s’il en mangeait chez lui, il ne devait pas vraiment en connaître le goût.

Son érudition avait réussi à lui attirer la sympathie de quelques filles potaches, au premier rang desquelles une certaine Gilberte qui le menait quand même par bout du nez.

En terminale, il tomba raide dingue amoureux d’une fille de caractère qu’il avait rencontré à la plage. Autant Marcel était du genre languide, autant Albertine, ainsi s’appelait-elle, était vive et délurée. Marcel ne savait pas comment se faire bien voir d’Albertine.

Il eut bien aimé faire du vélo avec Albertine et ses amies mais, avec ses mollets épais comme des allumettes, il n’eut pas tenu la distance. Il s’était donc tourné vers un domaine dans lequel il excellait, l’écriture. Il avait commis un texte dans le journal du lycée où il était question de jeunes filles en fleur et de bicyclettes. En fait de texte c’était plutôt un extrait car le comité de rédaction de la revue n’avait pas cru bon d’en augmenter la pagination pour permettre l’édition complète. J’en ai gardé un exemplaire que je relis de temps en temps en aspirant un grand coup avant de commencer, faute de quoi l’asphyxie vous guette à la fin de la phrase

« Je les avais répartis et agglomérés (à défaut du nom de chacune, que j’ignorais) autour de la grande qui avait sauté par dessus le vieux banquier; de la petite qui détachait sur l’horizon de la mer ses joues bouffies et roses, ses yeux verts; de celle au teint bruni, au nez droit, qui tranchait au milieu des autres; d’une autre, au visage blanc comme un oeuf dans lequel un petit nez faisait un arc de cercle comme un bec de poussin, visage comme en ont certains très jeunes gens; d’une autre encore, grande, couverte d’une pèlerine (qui lui donnait un aspect si pauvre et démentait tellement sa tournure élégante que l’explication qui se présentait à l’esprit était que cette jeune fille devait avoir des parents assez brillants et plaçant leur amour-propre assez au-dessus des baigneurs de Balbec et de l’élégance vestimentaire de leurs propres enfants pour qu’il leur fût absolument égal de la laisser se promener sur la digue dans une tenue que de petites gens eussent jugée trop modeste); d’une fille aux yeux brillants, rieurs, aux grosses joues mates, sous un «polo» noir, enfoncé sur sa tête, qui poussait une bicyclette avec un dandinement de hanches si dégingandé, un air et employant des termes d’argot si voyous et criés si fort, quand je passai auprès d’elle (parmi lesquels je distinguai cependant la phrase fâcheuse de «vivre sa vie») qu’abandonnant l’hypothèse que la pèlerine de sa camarade m’avait fait échafauder, je conclus plutôt que toutes ces filles appartenaient à la population qui fréquente les vélodromes, et devaient être les très jeunes maîtresses de coureurs cyclistes. En tous cas, dans aucune de mes suppositions, ne figurait celle qu’elles eussent pu être vertueuses. A première vue — dans la manière dont elles se regardaient en riant, dans le regard insistant de celle aux joues mates, — j’avais compris qu’elles ne l’étaient pas. »

L’effet n’avait pas été celui escompté car Albertine, qui crut se reconnaître dans cette description, n’avait pas apprécié les appréciations peu flatteuses portées sur ses formes et sa vertu.

Avec cet écrit, Marcel ne s’était pas fait non plus des amis chez les amoureux de la petite reine à qui n’avait pas échappé le caractère condescendant de l’expression « la population qui fréquente les vélodromes ». Suite à cette parution, il mangea encore moins de madeleines que d’habitude et dut même obtenir de sa tante qu’elle doublât son approvisionnement sous peine d’encourir des brimades plus musclées.

Il était au bord de la dépression quand survint un événement qui changea le cours de ses amours et de son existence. Alors qu’il s’en retournait chez lui en voiture, il dépassa Albertine qui avait crevé. Il n’eut pas de peine à obtenir de Françoise qu’elle s’arrêtât et, avec l’aide de la forte femme, le vélo fut casé tant bien que mal dans le coffre de la 2C et Albertine reconduite chez elle. Celle-ci lui sut gré de son geste mais surtout Marcel entrevit alors le moyen de gagner les faveurs de cette dernière et de ses amies.

A défaut de pouvoir les accompagner dans leurs équipées, sans doute pouvait-il y participer indirectement en entretenant les vélos de la joyeuse bande de copines. D’un naturel appliqué, Marcel n’eut pas de mal, à l’aide de deux ou trois ouvrages didactiques, à acquérir les savoirs nécessaires à l’entretien de base d’un vélo.

Il rencontra un succès certain dans cette entreprise et, tous les mercredis après-midi, il accueillait dans le garage paternel les demoiselles du lycée en panne de cycle. Cet engouement pour la mécanique s’il lui conféra une popularité certaine dans la gente féminine ne fut pas sans entraîner des discussions houleuses avec sa mère qui aurait préféré qu’il consacrât plus de temps à ses études. Mais Marcel tint bon et il devint aussi bon en mécanique qu’il ne l’était dans les matières scolaires, apportant d’ailleurs ici et là des améliorations aux engins qui étaient confiés à ses soins.

Je le perdis de vue assez vite après le bac, Marcel ayant intégré une prépa dans un grand lycée parisien.

Ce n’est que récemment que je retrouvai sa trace dans une revue cyclotouriste présentant un des derniers modèles de sa création. De façon inattendue, Marcel s’est lancé dans la fabrication artisanale de vélos haut de gamme. Il s’est installé à Combray, une petite bourgade de province, et manifestement Albertine a disparu de son existence puisque l’article précisait qu’il s’était marié avec Paulette, la fille du facteur.

Le randonneur bleu

Récent lecteur de la revue Cyclotourisme édité par la FFCT, j’ai constaté que les vélos dédiés à la randonnée cyclotouriste étaient appelés « randonneuses ». Rien de choquant à première vue si ce n’est l’emploi du féminin auquel je n’étais pas habitué, parlant plus volontiers de « randonneur ».

Je n’ai pas plus d’avis sur le sexe des cycles que je n’en ai sur celui des anges et suis donc disposé à utiliser l’une ou l’autre appellation. La logique voudrait que l’on appelât les vélocipèdes de randonnée des randonneurs et les bicyclettes de randonnée des randonneuses Mais il existe suffisamment de termes génériques du genre masculin pour accepter que ce soit l’inverse dans le cas présent.

J’ai cependant du mal à abandonner le masculin que j’emploie depuis mes jeunes années. A l’époque, le milieu des années 60, on parlait de randonneur. Je l’écrivais d’ailleurs mentalement « rang d’honneur ». Pour le jeune urbain que j’étais, le mot randonnée ne faisait sans doute pas partie du vocabulaire courant. Mais peut-être cela traduisait-il inconsciemment une dimension plus symbolique. Car le randonneur c’était un vélo de « grand ». Rouler en randonneur,  c’était quitter l’enfance, un rite de passage en quelque sorte qui justifiait qu’on y associât une notion de mérite (rang) et d’honneur.

J’ai néanmoins fini par comprendre ce qu’il en était sans que cela ne ternît l’image que j’en avais.

C’est pour ma première communion que je reçus mon premier randonneur, un magnifique vélo bleu de marque Motobécane.

Le randonneur, c’était le début de l’autonomie, des balades en dehors des environs immédiats de l’appartement. Il fallut négocier dur pour obtenir d’aller à la piscine, distante de quelques kilomètres, en vélo.

Je me souviens, avec des sueurs froides rétrospectives, des courses contre la montre que nous organisions l’été dans le quartier, au mépris complet des priorités à droite et du code de la route en général. C’est une grande chance qu’aucun d’entre nous n’ait été d’accidenté, même si la circulation automobile n’était pas aussi intense qu’aujourd’hui.

Le randonneur, ce fut également de nombreuses heures passées à le transformer ou à le réparer. Il était alors très chic de retourner son guidon vers le haut, lui donnant des allures de cornes de taureau. Ou de fixer sur les haubans des morceaux de carton qui, frottant contre les rayons, produisaient un bruit de moteur.

Notre vie commune s’est achevée dans le garage à vélo de la fac où je l’avais laissé fort imprudemment sans antivol. J’ai reconnu le garde boue arrière sur le vélo d’un congénère sans pouvoir formellement prouver le délit. Mais je l’avais suffisamment bricolé pour repérer les particularités du feu arrière.

Le mouvement pendulaire

Pierre était un enfant du vélo comme on dit d’un artiste de cirque qu’il est un enfant de la balle. Il était né par le vélo, dans la famille on se mariait entre cyclistes, et avait été élevé avec le vélo.La bicyclette, chez les Railleur,  on la pratiquait assidûment depuis des générations. Tout avait commencé avec l’ancêtre, Amédée, qui avait participé au premier Tour de France. Depuis, le culte de la petite reine était devenu un des fondements de l’identité du clan.

Pierre, dans la tradition familiale partagea donc sa prime jeunesse entre l’école et le vélo. Le vélo, parce que le vélo. L’école, car le cyclisme nourrit rarement son homme, ou alors pas longtemps. Quelques-uns s’étaient brûlés les ailes à trop croire dans une renommée finalement éphémère et ceci avait servi de leçon. Pour être passionné, on n’en était pas moins pragmatique.

Le père de Pierre suivait donc avec une égale attention les résultats scolaires et sportifs de son rejeton. Celui-ci respectait scrupuleusement les consignes paternelles et, une fois les devoirs faits, usait ses fonds de culotte sur la selle de son deux roues. Le dimanche, jour de sortie du club, il pédalait par tous les temps. C’était, aux dires de son géniteur, un bon garçon.

Cette existence harmonieuse dura sans peine, jusqu’à ce que Pierre se mît à regarder les filles en s’attachant à autre chose que la circonférence de leurs mollets, signe d’un potentiel vélocypédique, jusqu’alors le seul digne d’intérêt à ses yeux.

En fait de courbes, il lui arrivait de plus en plus souvent de penser à d’autres que celles de la route et il finit par tomber raide amoureux de Clotilde, une brunette aux formes généreuses qui, si elle ne dédaignait pas enfourcher son VTC, avait d’autres horizons et surtout n’avait pas l’intention, dans cette relation naissante, de jouer les utilités.

Elle exprima des intentions fermes s’agissant de leurs rencontres qui mirent Pierre dans l’embarras. S’il pouvait sans peine s’absenter au prétexte de son entraînement, il lui était plus difficile d’échapper au relevé kilométrique que ne manquait pas d’établir son père au terme de chaque sortie.

Investi dans la fonction de coach, celui-ci tenait un registre dans lequel il consignait distances parcourues, temps, qu’il analysait régulièrement afin d’évaluer la progression.

Pas question donc de revenir avec un kilométrage sans rapport avec la durée de la sortie.

Si entre Clotilde et le vélo, son choix était fait, Pierre n’était pas prêt pour autant à affronter son père sur ce terrain sensible. Il entreprit donc d’imaginer un moyen de tromper sa vigilance.

Il parvint tout d’abord à soudoyer le jeune frère de Clotilde, qui, tout heureux de pouvoir rouler sur le superbe cycle en carbone de Pierre, ne ménageait pas sa peine pendant que les deux  tourtereaux se retrouvaient. Cet engouement s’altéra progressivement si bien qu’un jour Pierre dut prétexter un incident mécanique pour expliquer le faible kilométrage du jour.

Il eut alors l’idée d’acheter un compteur identique au sien et de concevoir un dispositif permettant de simuler la distance parcourue. Il établit qu’une roue de 700 montée d’un pneu de 23c avait une circonférence de 2,136 m. De là, il en déduisit le nombre de rotations qu’il fallait produire selon la vitesse attendue et le temps de la sortie.

Il s’attacha ensuite à calculer l’intensité du courant électrique qu’il fallait appliquer au moteur de son jeu de Lego, qu’il avait été rechercher au fond d’un placard, afin d’obtenir une moyenne horaire compatible avec son objectif.

C’est avec une certaine fierté qu’il exposa à Clotilde son stratagème et surtout les nombreux calculs auxquels il s’était livré. La réaction de sa douce, quand elle sut que le mécanisme était alimenté par des piles, lui fit l’effet d’une douche froide. Il n’était pas question que l’on utilisât une énergie non renouvelable. Sa détermination amoureuse n’ayant d’égales que ses convictions écologistes elle n’en démordit pas et Pierre dut revoir sa copie.

Il pensa immédiatement alimenter son moteur par l’énergie solaire, mais il ne parvint pas à produire une puissance suffisante pour mettre en mouvement le disque solidaire de la pièce métallique passant devant le capteur. Il eut beau essayer de multiples combinaisons d’engrenages rien n’y fit. Il se tourna alors vers l’énergie éolienne. Ce n’était pas les vieilles roues de vélo et les dynamos qui manquaient chez lui. Les tests qu’il fit révélèrent une fiabilité insuffisante.

Clotilde bien que touchée par tant d’efforts n’en démordait pas pour autant. Elle lui suggéra d’utiliser la roue de son hamster. Pierre étudia alors avec zèle les habitudes de vie de ce petit rongeur, dont il apprit qu’il avait des périodes d’éveil à des heures particulières de la journée, mais qu’il était possible de modifier progressivement ses habitudes.

Rouflaquette, c’était le nom de l’animal, se révéla malheureusement d’une inconstance le rendant inapte à la mission qu’on souhaitait lui confier.

Cette intense activité intellectuelle ne manqua pas d’inquiéter les parents de Pierre. Car si celui-ci faisait d’incontestables progrès en physique, il avait eu la meilleure note à un devoir où il fallait conjuguer vitesse angulaire  et vitesse linéaire, et en sciences de la vie et de la terre, son exposé sur le hamster avait été jugé particulièrement bien documenté, il délaissait le vélo au profit de ses livres et perdait la bonne mine qu’on lui connaissait jusqu’alors.

L’évocation en classe du pendule de Foucault devait provoquer l’illumination salutaire. Il comprit qu’il existait une alternative à la roue. L’important dans le problème qu’il avait à résoudre était que la pièce métallique passât devant le récepteur. Peu importait qu’elle le fît selon un mouvement rotatif ou linéaire. Voilà qui lui ouvrait de nouveaux horizons.

Il pensa immédiatement utiliser le métronome qu’utilisait Clotilde pour jouer du piano. Il calcula qu’en le réglant à sa vitesse maximale, soit 230 battements par minute, il pouvait simuler une vitesse moyenne de l’ordre de 29 km/h, ce qui était tout à fait crédible.

Si, dans les premiers temps, il s’attachait à accorder le rythme de leurs ébats au tempo particulièrement rapide, ce que lui permettait sa jeunesse et sa constitution sportive, il s’aperçut vite que la chose appelait des changements de rythme et des ralentissements. Dès lors, le tic-tac monotone prit un caractère obsédant qui produisit sur sa libido les effets les plus néfastes.

Ce fut un jeu d’enfant qui, enfin, lui donna la solution lui permettant de conjuguer développement durable, variation du rythme et fiabilité. C’était un petit pic-vert fixé sur un ressort dont le mouvement provoquait son déplacement sur une tige. De cet ingénieux dispositif, il retint le ressort auquel il assujettit la pièce métallique, fixant le tout au sommier de sa belle tandis que le capteur était attaché au pied du lit. Ce fut donc mue par le mouvement du sommier, que le ressort amplifiait, que la pièce de métal passait et repassait devant le capteur du compteur, tantôt vite, tantôt plus lentement.

Si Pierre retrouva ainsi  sérénité et bonne humeur, il n’en fut pas de même de son père qui ne comprenait pas pourquoi, malgré ses séances d’entraînement régulières, Pierre ne progressait plus. C’était même le contraire. Lors des sorties dominicales, il peinait parfois à tenir une moyenne qu’affichait pourtant son compteur à la fin de chaque entraînement.

Dépité, il finit par jeter tous ses relevés kilométriques dont il ne pouvait tirer aucun enseignement, ce que Pierre se garda bien de révéler à Clotilde. Cette dernière qui l’avait su de la sœur de Pierre se garda bien également d’en faire état.

Je hais les saoulards

 

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La vue de placides bovidés apaise l’ire du cyclo

Ce matin, départ pour le brevet de Templeuve entre chien et loup. Il faut, pour traverser l’autoroute, emprunter un petit tunnel mal éclairé. Un raclement discret mais régulier m’indique que mon pneu arrière a ramassé quelque chose en passant. Arrêt à la sortie, rien de visible si ce n’est mon pneu qui se dégonfle. Après démontage, l’examen met en évidence un morceau de verre brun profondément enfoncé qui, une fois retiré, laisse apparaître une sérieuse entaille.

Pas question dans ces conditions de continuer et de risquer des crevaisons à répétition. Je retourne à la maison et, le temps de remonter un pneu usagé, il est trop tard pour rejoindre Templeuve Je pars vers les Monts des Flandres rageant contre ces fêtards au comportement peu civique.

J’avais, dans un premier temps, condamné les coupables à ingérer les morceaux de verre ainsi répandus et à périr dans d’horribles souffrances. Quelques tours de roue plus loin, cette sentence même virtuelle m’est apparue disproportionnée. Il suffira qu’ils marchent pieds nus sur les reliefs de leurs libations.

Ainsi en ai-je décidé ce dimanche six septembre de l’an de grâce deux mille neuf. Qu’il soit fait selon mon bon plaisir.

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L’arbre de justice

 

Le petit chat est mort (2)

Ca y est ! Des internautes ont lu mon article intitulé le petit chat est mort. Désireux d’expérimenter l’efficacité de mon stratagème éditorial, j’ai lancé la recherche sur Google à partir de cette phrase. Google dénombre pas moins de 17800 références sur le web.

Précisons la recherche avec la combinaison : « Le petit chat est mort »+ »vélo ». Le nombre de références dégringole aussi rapidement que le CAC 40 et passe de 17800 à 327 et le site Les courons du nord apparaît dès la troisième page.

Avec la combinaison précédente plus Nord, le succès est complet, Les courons du Nord apparaît en première position sur 126 références.

Enfin, si l’on remplace Nord par Radinghem, Les Courons du Nord devient la seule référence citée par Google.

Voilà comment en quelques jours on acquiert une renommée mondiale.

Certes, je reconnais que la dernière combinaison n’est susceptible d’intéresser qu’un nombre limité de spécialistes de Molière dont je vous laisse imaginer les méandres de la pensée aboutissant à associer ces différents mots clés. C’est néanmoins une grande satisfaction.

D’autant que, je n’ai pas le temps de l’essayer ce soir, mais il est très probable que l’utilisation de Bouvines, Templeuve, Ploegsteert etc… en troisième critère aboutisse à constater la même suprématie planétaire. Le champ plutôt étroit des spécialistes de Molière cyclotouristes dans les Weppes, s’ouvre alors considérablement et ne connaît pratiquement que pour seule limite l’étendue et la variété de mes pérégrinations cyclistes.

Il serait trop facile en effet de truffer ce blog de noms de villes lointaines tel par exemple Oulan-Bator à seule fin d’être la seule référence dans le domaine. Non, la suprématie planétaire ne peut s’obtenir qu’à la force des cuisses et des mollets.