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Grande traversée des Alpes, du Jura et un peu plus (7)

A Culoz, débute ou se termine selon le sens de parcours la Grande Traversée du Jura.

14ème étape : Culoz – Ferme Bertrand

Début de la GTJ au départ de Culoz.

Le Col du Grand Colombier est réservé aux cyclistes de 07h00 à 15h00. A 7h30, après une soirée et une nuit pluvieuse, je suis devant la maison du vélo où je dois, comme convenu, déposer mes sacoches pour réaliser l’ascension. Las, je trouve porte close.

Un porche me permettra d’attendre en m’abritant de la bruine. Je crains d’avoir mal compris et de devoir patienter jusque 9h, horaire d’ouverture habituel du lieu. Je vois arriver deux cyclistes qui vont et viennent, semblant comme moi, dans l’expectative.

A 8h00, arrive l’animateur portant café et biscuits. La pluie a cessé mais une brume tenace s’accroche aux pentes. Nous sommes trois prêts à partir. Confiant, j’entame l’ascension laissant mon coupe pluie dans ma sacoche de guidon. Délesté de mon pesant bagage, je ne vole pas pour autant mais progresse à meilleure allure sollicitant moins les grands pignons. Passé les nuages, l’horizon se dégage un peu mais la chaîne du Mont Blanc demeure masquée.

Au sommet, une équipe des Fêlés du Grand Colombier est là, sous une tonnelle qui ne les protège pas d’un vent froid, proposant un ravitaillement. Un Sixphonné du Mont Brouilly est venu leur tenir compagnie et promouvoir le défi de sa confrérie. Sitôt identifié comme appartenant au Vélo Club de Roubaix, tous me parlent d’Hugo également membre du club, grand fêlé parmi les Fêlés, Sixphonnés et autres adeptes des pentes à deux chiffres et ascensions sur toutes les faces.

Fraicheur et grisaille n’incitent pas à la flânerie et la chaleur de l’accueil ne suffit pas à faire monter ma température interne. J’entame donc la descente, cette fois bien couvert. Retour dans les nuages, il faut être prudent car la visibilité est médiocre. Se garder des pierres qui jonchent parfois la chaussée et des cyclistes de plus en plus nombreux à monter, certains parfois occupant dans une progression zigzagante toute la largeur de la chaussée. Saluts et encouragements mutuels ponctuent cette descente alors que le soleil s’affirme doucement. Ceux partis plus tardivement profiteront finalement d’un col ensoleillé. La GTJ m’attend et après avoir récupéré mes sacoches, je reprends mon périple sous le soleil.

Je passe au pied du Grand Colombier désormais bien dégagé. Les paysages changent. Les reliefs se font plus doux.

Je bivouaquerai à la ferme Bertrand, gite d’étape entouré de vastes pâtures, offrant un accueil sympathique et plus prosaïquement l’accès aux sanitaires du restaurant. Je serai rejoint pas six randonneurs belges hédonistes qui finissent leur GTJ en VTT électrique. Ils prévoient également l’ascension du Grand Colombier par Virieu-le-Petit. Comme je leur fais remarquer que ce versant est particulièrement pentu, l’un d’eux me répond que cela n’est pas un problème et qu’il suffira de passer en mode turbo. Si la route est identique pour tous, la façon de la parcourir est singulière.

Ce n’était pas le meilleur moment pour entamer l’ascension.
Réservé aux cyclistes ce samedi matin.
L’équipe des fêlés du Grand Colombier un peu réfrigérée.
Début d’éclaircie.
Eh oui, je l’ai monté.
Léger détour pour parvenir à la Ferme Bertrand.
La ferme Bertrand.
Un apiculteur y dépose ses ruches.

15ème étape : Ferme Bertrand – Lamoura

Je pars tôt, ayant prévu de faire mes courses du jour à la première heure à Bellegarde. C’est doublement trop tôt car d’une part les magasins ne sont pas ouverts lorsque j’y parviens et que secondairement je croiserai sur ma route de nombreuses boutiques ouvertes en ce dimanche matin, auxquelles j’aurais pu recourir m’évitant ainsi un portage inutile.

Je fais une courte halte café à Lajoux et délaisse le spectacle de la fête de la Grande Rubatée qui bat son plein sous le soleil. Des orages sont annoncés dans l’après midi et je préfère jouer la prudence.

De nouveau, en l’absence de camping je planterai la tente à côté d’un restaurant-gîte. J’aurai juste le temps de le faire et de procéder à une toilette sommaire dans les sanitaires du restaurant avant que la pluie ne tombe pour le restant de l’après-midi et une bonne partie de la nuit. Malgré quelques points de percement ici ou là, la tente tient bon et je reste au sec confiné dans mon ermitage. Heureusement, comme aime à me le rappeler mon épouse moquant mon caractère taciturne, j’ai une vie intérieure riche.

C’est peut-être dans un de ces moments que j’ai commencé à concevoir le texte suivant en lien avec mes réflexions du jour quant au choix du bon moment pour faire les courses.

Quand on aime on ne compte pas

Je ne suis pas du genre à couper les queues de brosses à dents en quatre pour économiser quelques grammes. J’avais renoncé à peser mes sacoches avant de partir, je le fis au retour la balance marquant 21 kilos.

Rien ou peu de leur contenu n’avait pas servi, ce qui ne veut pas dire que tout était indispensable. Un manque de témérité sans doute et la recherche d’un minimum de confort me font préférer rouler chargé. A commencer par ma tente qui est de deux places. Mais j’aime pouvoir m’étaler profitant de ses deux absides latérales pour stocker sacoches et matériel de cuisine (qui précisons le quand même se résume à un bruleur au gaz et des gamelles gigognes). Dans ce contexte, la recherche d’allègements marginaux a peu de sens. Si l’on additionne poids du vélo, du cycliste des bagages et des bidons d’eau ce sont près de cent kilos qu’il faut déplacer. Dès lors, gagner un kilo ne représente qu’un pour-cent du total.

J’ai ainsi fait franchir Lautaret et Galibier à un concombre de 400 g environ que je ne mangeai qu’à Saint Michel de Maurienne. Sans doute ai-je ainsi inconsidérément ingéré un concombre qui aurait pu figurer au livre Guiness des records. De même, ai-je transporté durant une grande partie de mon trajet un paquet de boulgour en prévision des jours de blizzard, paquet qui revint avec moi et resta durant plusieurs mois dans mes réserves.

Vers le col de Cuvery.
Non ce n’est pas la photo d’un lac gelé au petit matin…
… mais le résultat d’une prise de vue rasante de la table d’orientation.
Vue du Belvédère du Catray.
Bellegarde : un cinéma comme on en voit plus « en ville ».
La vallée de la Valserine.
Vers Lajoux.
Avant la pluie.

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Circuit des châteaux – Leers 2022

Un temps sec et par moments lumineux aura accompagné les participants du Circuit des châteaux organisé par le Leers Omnisports Cyclos.

Après plus de deux mois sans rouler, reprise en douceur ce dimanche avec le 60 km du Circuit des châteaux au départ de Leers qui nous emmenait entre Escaut et Mont Saint Aubert. Pour les plus en forme, un 80 et un 110 km prolongeaient la boucle vers le Pays des collines.

Parcours plaisant et sans difficultés, mais pas complètement plat non plus, empruntant des petites routes. Le circuit était bien signalé et vous devriez encore pendant quelque temps pouvoir retrouver les flèches blanches LC au départ de la rue Pasteur.

Seul le vent joua les trouble-fête sur le chemin du retour.

La trace du 60 km disponible sur Openrunner.

Côté photos, c’était aussi la reprise d’autant que, parti tardivement, plusieurs groupes engagés sur les distances les plus longues étaient déjà partis.

La confection des sandwichs a démarré.
Michèle assurait les photos au départ et à l’arrivée.
De belles éclaircies surtout au début.
Les roubaisiens seront dimanche prochain aux manettes pour Monts et Moulins.
Une erreur d’aiguillage fait repasser ce groupe par la case photographe.
Les ravitailleurs avaient joué la prudence en positionnant leurs tables à l’abri d’un pont. Pas vraiment bucolique mais pratique en cas de pluie.
Les clubs participants

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Grande traversée des Alpes, du Jura et un peu plus (6)

12ème étape : Annemasse – Montagny les Lanches

Superbe étape que ce retour vers Annecy, contrastant en tout point avec celle de la veille. A la pluie succédait un ciel azuréen, à la circulation intense, le calme des routes dites secondaires.

Début en fanfare avec la montée du Saleve. 13 km d’ascension en forêt avec par endroits de beaux points de vue en guise d’apéritif ou d’encouragement. Car si la pente moyenne est de 6% , celle-ci comporte au milieu de l’ascension un passage de 2 à 3 km à 9% et parfois plus. Pour la seconde fois, j’ai du sortir mon pignon de 34 pour négocier une portion franchement raide.

Le panorama au sommet récompense la sueur versée avec une large vue sur la chaîne du Mont  Blanc. La suite de l’itinéraire  vers Annecy se fera par des routes vallonnées mais sans excès, laissant à voir la campagne environnante. Cerise sur le gâteau, alors que je désespérais de trouver une place de camping, je découvrirai par hasard à Manchy le pré ombragé d’un charmant camping a la ferme.

Dans la montée du Salève.
Au sommet, large panorama sur les Alpes.
Je prends un peu de hauteur.
La chaîne du Mont-Blanc.
Les ponts de la Caille qui franchissent les Usses. A gauche, le pont Charles-Albert, le plus ancien dédié désormais aux piétons et cyclistes. A droite le Pont Caquot réservé à la circulation automobile. Chacun constitua à l’époque de sa construction une prouesse technologique.
Des points de vue…
… encore des points de vue.
Le château de Montrottier abrite désormais un hôtel.
Annecy la nuit.

13ème étape : Montagny les Lanches – Culoz

Etape tranquille que celle-ci de par sa distance et un dénivelé modéré.

Côté dénivelé, le Col du Clergeon est au programme. La pente moyenne est de 5% mais comme souvent, il ne faut pas se fier à la moyenne. Après un début plutôt tranquille la pente se raidit sans la seconde moitié, mais sur une courte distance. Cette partie se déroule par ailleurs en forêt sur une route peu fréquentée.

Culoz marque l’une des extrémités de l’itinéraire officiel de la Grande Traversée du Jura. J’avais prévu d’y passer et de poursuivre ma route en suivant la GTJ. C’était compter sans la Maison du vélo qui attisa ma curiosité et me fit découvrir que, le lendemain, l’accès au Grand Colombier était réservé aux cyclistes.

Je n’avais pas prévu de franchir ce col, m’en tenant à l’origine au tracé officiel de la GTJ. L’accès restreint aux cyclistes constituait une opportunité à saisir et qui ne me retarderait pas vraiment. S’offraient alors deux perspectives : franchir le col et rejoindre l’itinéraire un peu plus loin, ou faire l’ascension sans sacoches et poursuivre ma route. Je retins cette seconde option étant convenu de laisser mes bagages à la Maison du vélo qui co-organisait l’évènement le temps de l’aller-retour.

Ce fut donc une après-midi sieste qui s’en suivit pour cause d’étape raccourcie.

Au départ de Montagny les Lanches.
Avec le Col du Clergeon nous sommes encore en Haute-Savoie.
Démarrage en douceur.
Une signalisation ambiguë. Faut-il y voir la juxtaposition du signalement de la traversée de troupeaux et l’indication d’un chef lieu ou s’agit-il d’un chef lieu bovin?
Symbole de la république et petit linge ornent le balcon de la mairie. Une association tout aussi inattendue que la précédente.
Avec la forêt s’amorce la partie la plus pentue.
La Maison du vélo à Culoz.

A suivre.

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Grande traversée des Alpes, du Jura et un peu plus (5)

Vers le Col de la Colombiere.

10ème étape : Praz sur Arly – Taninges

Examinant une nouvelle fois la.carte je regrette de quitter déjà les Alpes pour bifurquer vers le Jura via Annecy. Je n’ai pas calculé le nombre de jours qu’il me faudrait pour rejoindre Reims, hypothétique terme de mon voyag,e mais il me semble que par rapport à la date du 23 août, qui n’est pas non plus immuable, je dispose d’une marge.
Thonon  terme de la GTA n’est pas si loin et je peux sans problème retrouver mon tracé initial, soit en rejoignant Bellegarde ou rompant plus encore avec la ligne droite, en revenant comme prévu vers Annecy.

La carte des circuits vélo de la Savoie, disponible dans les offices de tourisme est suffisamment précise pour me guider sur ce tronçon qui ne figure pas sur les extraits de cartes que j’ai imprimés. Je décide donc, passé le col des Aravis, de descendre vers le Grand Bornand, puis de franchir le Col de la Colombiere.

Fidèle à mes habitudes, je pars tôt. Des orages sont annoncés en fin d’après-midi et je souhaite avoir planté la tente avant.

Les quelques kilomètres qui séparent Praz sur Arly de Couper au pied du col ne permettent pas vraiment une mise en chauffe et il me faut un peu de temps avant de trouver le rythme. L’ascension se fait sous un ciel partiellement couvert.  Au col, je ne prends que le temps de quelques photos et me laisse descendre vers le Grand Bornand.

Je scrute le ciel et si les cimes environnantes sont encapuchonnées, le soleil brille sur !a vallée. Plaisante montée vers le col de la Colombiere. La pente est régulière et excède rarement les 6 à 7% ce qui permet de profiter pleinement d’un paysage d’alpages parsemé de chalets en bois aux balcons fleuris. M’en tenant au tracé de la GTA et délaissant la route touristique passant par la col de Romme dont j’ignore le dénivelé, Cluses est vite atteint. La ville n’a rien de romantique et sur les conseils de l’hôtesse de l’office du tourisme je me pose à Tenianges où l’on attend l’orage, une alerte ayant été lancée. Il viendra dans la soirée avec vigueur mais sans trop mettre à l’épreuve l’étanchéité de ma tente.

Chapelle Saint-Anne.
Le Grand-Bornand.
Taninges et sa cabine téléphonique haut-perchée.

11ème étape : Taninges – Annemasse

Ce qui sera pour moi  la dernière étape de ma presque grande traversée des Alpes ne restera pas marquée d’une pierre blanche, la faute en partie au temps. L’orage de la veille était loin et sauf à ce que mon sommeil fût de plomb, il n’avait pas plu de la nuit. Si quelques gouttes hâtèrent la fin de mon démontage de tente, rien d’affreux et je pris le départ en même temps qu’un couple de cyclos allemands qui entreprenaient en sens inverse l’étape que j’avais faite la veille.

La montée vers Les Gets  n’est pas impérissable. Se déployant dans une vallée encaissée et pas vraiment pittoresque, elle présente pour seul avantage d’offrir une pente régulière et modérée. Elle est par contre le lieu d’une intense circulation. Sans doute par beau temps eusse-je apprécié l’ombre bienfaitrice des arbres qui la bordent.

A l’approche des Gets, dont l’appellation de Porte du soleil était ce jour-là usurpée, la pluie se fait intense et après un moment passé à l’abri d’une avancée de toit, il faut me rendre a l’évidence. Aucune accalmie, n’est à attendre rapidement et mieux vaut continuer à rouler. La descente vers Thonon  sera mouillante et réfrigérante parmi voitures et camions roulant à mon gré à trop vive allure. J’apprécierai à Saint-Jean-d’Aulps l’onctueux chocolat chaud préparé avec attention par la serveuse.

Parvenu a Thonon, la pluie n’est plus que gouttes éparses et j’entreprends le circuit du Bas Chalonnais, qui sur la carte borde le lac. Sans doute suis-je dans un mauvais jour et je ne trouve aucun intérêt à ce circuit qui, de fait, chemine entre des propriétés cossues et ne donne accès au lac qu’au seul endroit des ports. Lassé, je cesse de le suivre et file plus directement sur Annemasse.

Les campings sont complets aux abords immédiats. Peu enclin à poursuivre ma route, je dormirai dans un lit plus tôt que prévu. Le soleil revenu séchera rapidement ma tente sur la terrasse de l’hôtel. Un nouveau passage pluvieux intense m’ôtera tout regret de ne pas camper.

Pour l’instant tout va bien.
Près des Gorges du Pont Du Diable.
Jour de grasse matinée.
Le lac Léman dans la grisaile.
Seuls les pédalos apportent un peu de couleur.
Pas besoin de réserver.
Vers Annemasse.

La suite.

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