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Ah, Bouvines !

« Plus me plaît le séjour qu’ont bâti mes aïeux,
Que des palais Romains le front audacieux,
Plus que le marbre dur me plaît l’ardoise fine »

Si le locuteur d’ « A la recherche du temps perdu » admire l’église de Balbec, moi c’est celle de Bouvines.

Faisant fi des ors des églises byzantines, des marbres du Vatican, des tours dentelées et vertigineuses de la Sagrada familia, je préfère l’église Saint Pierre.

J’aime sa sobriété et sa forme longiligne lorsqu’on l’aborde venant de Sainghin-en-Mélantois. Je ne me lasse pas de l’observer, la contempler sous tous les angles et par tous les temps. Qu’il fasse grand beau, sa pierre blanche tranchant vivement sur le bleu du ciel, ou qu’au contraire les jours de brume elle se confonde avec lui, prenant des allures spectrales.

En ce dimanche impressionniste, le clocher se laissait apercevoir dans des tons gris, parsemé à sa base de tâches jaune ou rouille.

C’était un temps idéal pour rouler dans la boue des chemins avoisinants qui courent entre Bouvines, Sainghin en Mélantois et Gruson.

Pas question encore pour moi d’enfourcher un VTT, c’est donc à pied que j’ai pu profiter de couleurs automnales, poussant jusqu’à gravir le Mont des Tombes que sa taille modeste ne doit pas conduire à sous estimer. Alors que j’y étais, des Vététistes, peut être inexpérimentés ou aux roues mal chaussées, ont en effet échoué dans son ascension par la face nord.

Quelques impressions de cette balade.

 

 

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Bon antivol ne suffit pas !

Ce qu’il ne faut pas faire

Mon alitement ayant pris fin et étant redevenu Homo Erectus,  je reprends progressivement la marche. La lenteur de mes déplacements me rends plus attentif à certains détails et tout particulièrement lorsqu’il est question de vélo.

Je ramène d’une de mes premières marches ce cliché qui illustre le fait qu’un bon antivol ne vaut rien s’il est mal positionné. Apparemment, cette leçon vaudra à l’imprudent ou au distrait, sinon un fromage, un cadre et une roue arrière.

Son collègue a eu manifestement plus de chance car son antivol est tout aussi mal attaché.

Ce qu’il ne faut pas faire (détail).

BONUS AUTOMNAL

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Le vélo en car???

Si je vous dis que ce vélo pèse 9 kilos, peut porter un cycliste pesant vingt-quatre fois son poids (soit 216 kgs) et si je vous demande en quelle matière il est fabriqué que répondez vous ?

Allez je vous aide, cela commence par car…

« Carbone ? », non ce serait trop simple.

« Carrelage ? », original mais peu compatible avec le poids annoncé.

Langue au chat ? Carton bien sûr.

Oui, vous ne rêvez pas. Cette rutilante machine est fabriquée, à quelques accessoires près, en carton.

C’est l’œuvre d’un chercheur israélien, Izhar Gafni, qui a eu l’idée de cette construction après avoir eu connaissance d’un canot fabriqué dans cette matière. Dénommé Alfa, ce vélo est né au terme d’une phase de conception de trois ans.

Tout un temps a été nécessaire pour comprendre comment utiliser au mieux la structure du carton afin de le rendre solide en recourant à des techniques de pliage, selon le principe de l’origami. Ceci a permis le dépôt de plusieurs brevets.

L’objectif est de le produire en série à un prix de l’ordre de 7 à 9 euros pour un vélo adulte et la moitié pour un vélo enfant.

Comme vous pourrez le constater sur la video associée au lien ci-dessous (en anglais, mais vous trouverez sur Youtube des vidéos plus courtes avec sous-titres français), ce vélo est totalement roulable et ne craint pas l’eau. A voir les contraintes auxquelles sont soumises certaines constructions en carton on peut penser qu’il est également solide.

Voilà donc un vélo doublement durable.

http://vimeo.com/37584656

Quelques photos extraites de la vidéo.

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Mon vélo mono pignon

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il était là, posé contre le mur antibruit de la voie rapide, les pneus à plat, la chaîne et le dérailleur complètement rouillés, le cadre poussiéreux, à se demander comment il avait pu arriver jusqu’à cet endroit. C’était un modèle des années 70, cadre en acier, roues de 700, double plateau, pneus de 28, gardes boues et porte bagage. Je ne jurerai pas qu’une arrière pensée de récupération ne m’ait pas dès cet instant traversé l’esprit mais je passai ma route ne jetant qu’un coup d’œil furtif.

Il était toujours là alors que je rentrais le soir et, cette fois, je ne pus m’empêcher un regard plus appuyé, confirmant l’état d’abandon et la qualité du cycle dans sa prime jeunesse. Respectueux du bien d’autrui, j’étais réticent à l’idée de le ramener à la maison. D’un autre côté, je me remémorais les différents vélos que l’on nous avait volés et décidai de surseoir avant toute appropriation intempestive. S’il était toujours présent à 22h30, au retour de mon entraînement de natation, je le prendrais.

Enchainant les longueurs de bassin, j’imaginais les différentes options de réhabilitation. Je pourrais simplement le remettre peu ou prou dans son état d’origine et en faire un vélo de ville pour un des mes fils. J’étais également tenté de succomber à la mode du fixie.

Je n’avais pas tranché alors que je m’approchais, non sans impatience, du lieu de découverte. Y serait-il encore? Il y était et je m’attardai afin de l’examiner d’un peu plus près. La couche de rouille, l’état des roues et des transmissions me convainquirent définitivement qu’il s’agissait d’un cycle abandonné et non volé.

C’est donc un vélo dans chaque main que je rentrai chez moi.

L’option fixie se détachant, je commençai par consulter des sites consacrés à ce type de matériel. Parmi ceux-ci, je vous conseille particulièrement :

  •  Fixiesinglespeed (http://fixie-singlespeed.com) qui propose articles techniques, vidéos, conseils, photos de fixies particulièrement réussis ;

Je vous recommande également Fixiestudio (http://www.fixiestudio.com) qui vous permet de visualiser l’aspect de votre projet en jouant sur différents paramètres : forme et couleur du guidon, couleur du cadre et de la fourche, couleur du pédalier etc… Il permet également de calculer le développement selon la taille du plateau et du pignon.

Ce fut très instructif et me permit de vérifier que l’engin récupéré était propre à l’usage que je projetais. Il faut par exemple que les pattes de fixation soient profondes et horizontales de façon à pouvoir tendre la chaîne de façon optimale en l’absence de dérailleur. Des pattes orientées verticalement ne conviennent pas du tout. De même, les pédaliers à clavettes ne sont pas adaptés compte tenu des efforts subis.

Après avoir lu quelques articles concernant les techniques de freinage en fixie, je décidai que cette pratique n’était plus vraiment de mon âge et que l’option mono-vitesse avec roue libre était plus en rapport avec mes attentes et mes aptitudes.

Si la forme des pattes était idoine, il n’en était pas ainsi du pédalier. La pose d’un axe à bout carrés nécessita un taraudage, le filetage du boîtier en place étant au pas français. Je confiai cette opération à mon vélociste (Fallet à Mons en Baroeul) qui eut par ailleurs de la difficulté à trouver un nouveau boîtier à la bonne longueur. C’est lui également qui se chargea du montage du pignon et du réglage de l’axe de chaîne qui requit également quelques adaptations.

J’avais envisagé de récupérer les moyeux d’origine dont les joues étant en accord avec le reste du cycle. Cela ne fut pas possible et finalement il fut équipé de deux roues type route.

Me revint le décapage, la peinture du cadre et de la fourche ainsi que le montage des autres accessoires après, pour ces derniers, un petit toilettage.

Pour les pneus, j’en récupérai deux de 25 achetés pour Paris-Roubaix, option qui outre l’économie faite en la circonstance procure par ailleurs un petit confort supplémentaire. Récupération également des pédales d’origine de mon vélo de route, inutilisées depuis que je les avais remplacées par des cale-pieds automatiques.

Je suis très satisfait du résultat.

Sur un plan esthétique tout d’abord. J’aime sa forme gracile qui tranche avec les épais profils de ses frères aluminisés ou carbonés et qu’accentue l’absence de dérailleur.

En termes de conduite, le rapport choisi que, dans mon impotence actuelle, je ne vous livrerai pas immédiatement faute de l’avoir enregistré et n’osant pas demander à ma femme d’aller à la cave compter les dents des plateau et pignon, est idéal pour un usage urbain, même si parfois je me surprends sur terrain plat et par vent arrière à tenter en vain de changer de développement. Il permet des démarrages faciles et le franchissement de côtes un peu raides.

Je trouve vraiment agréable de changer de vélo et donc de style de conduite au gré de mon humeur, du type de déplacement ou de la météo, l’absence de garde-boue réservant mon nouveau véhicule au temps sec.

Depuis, j’ai récupéré chez mon beau-frère deux cadres que je compte bien retaper, même si la place commence à manquer pour les garer.

Pour peindre les parements en rouge, après avoir appliqué la peinture noire, j’ai confectionné de la pâte à pain avec laquelle j’ai masqué la partie en creux et le départ des tubes de cadre, les parties en inox ayant été protégées avec de l’adhésif (fourche et potence démontées bien sûr) et j’ai ensuite peint rouge.

Les pattes arrières sont d’une forme adaptée au mono pignon.

Après un petit décapage, j’ai pu utiliser les freins d’origine.

Le pédalier est lui d’une forme contemporaine.