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Grande traversée des Alpes, du Jura et un peu plus (2)

Fort Queyras en haut de son piton rocheux barre depuis des siècles la vallée du Guil.

3ème étape : Guillaumes – La Condamine-Châtelard

Faut-il y voir un acte manqué, je n’ai pas de trace écrite de cette première « grande étape de montagne » avec le franchissement du col de la Cayolle. Je garde le souvenir d’une montée régulière qui se durcit à partir d’Entraunes mais sans excès. Le col est encore peu fréquenté quand j’y parviens mais suffisamment pour que quelqu’un me prenne en photo devant le panneau indicateur, photo que je m’empresse d’envoyer à ma femme pour la rassurer.

Ce premier obstacle significatif franchi augure bien de la suite de mon périple. La descente vers Barcelonnette, se fait sans problème où je retrouve des souvenirs vieux de quarante ans. Je m’y arrête le temps d’un pique-nique avant de poursuivre vers La Condamine-Châtelard afin de rejoindre le pied du Col de Vars.

La route suit sans forte pente la vallée du Var jusque Entraunes.
Difficile de deviner ou passe le col.
J’y suis.
Photo souvenir.
Agréable descente.
Dans les Gorges du Bachelard
Clocher de l’église de Barcelonnette.
Vestige du passage du Tour de France à Jausiers (de mémoire).
Le Fort de Tournoux qui surplombe la Condamine Châtelard.
Etendage vespéral.

4ème étape : Condamine- Château Queyras

Je démarre à 7h00 alors que le soleil n’a pas encore franchi les crêtes des monts qui bordent la vallée de l’Ubaye bénéficiant ainsi d’une ombre rafraichissante. Jusque Saint Paul en Ubaye la pente est modérée, puis à partir de là elle se relève. Le col est indiqué à 6,8km.

Sans doute n’ai je pas suffisamment mangé ce matin, un arrêt eau et ravitaillement s’impose. Je ne garde pas de souvenir précis de cette montée, sans doute trop concentré sur l’effort et la gestion de mes ressources dans l’ascension. J’ai noté que j’ai mis une heure dix pour monter depuis Saint Paul et que la description du trajet sur un dépliant présentant les cols de l’Ubaye se révélera pour le moins fantaisiste annonçant une pente moyenne de 10% dans les cinq derniers kilomètres.

Parvenu au col je m’installe sur une bosse ensoleillée et casse la croute en regardant arriver les premiers grimpeurs venant principalement de Guillestre. J’entame la descente et négligeant Guillestre connu comme Barcelonnette de vieille date, je file directement vers Château Queyras suivant les gorges du Guil.

Pas de camping dans la vallée, les deux existants étant situés dans des zones à risque et ayant du fermer. Je bivouaquerai sur la pâture d’un restaurateur obligeant et renouerai avec des ablutions dans le Guil qui elles aussi me replongent dans le passé, à l’époque où je pratiquais la randonnée pédestre.

Pente douce et fraicheur pour ce début d’étape, les deux ne vont pas durer.
Pas mécontent d’avoir achevé la montée.
Beaux lacets.
Profiter du col et de ses paysages mais ne pas se refroidir, une équation pas toujours facile à résoudre. Mais il faut se résoudre… à repartir.
J’aime bien en couleurs…
… et en noir et blanc.
Refuge Napoléon.
Cet imposant attelage a pris un virage trop serré et les deux roues arrières du fourgon sont parties sur le bas côté. Immobilisé, il devra attendre l’arrivée d’une dépanneuse pour pouvoir s’extraire. Circulation automobile bloquée, seuls motos et vélos parviennent à passer. Alors que j’arriverai à Guillestre, un second convoi de ce type s’engage dans la montée.
Les gorges du Guil.
Fort Queyras.

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Grande traversée des Alpes, du Jura et un peu plus (1)

La chaîne des Aravis vue des Saisies.

Cette randonnée a été effectuée en juillet et août 2019.

Le choix de l’itinéraire

Libre de tout engagement durant un mois, je pouvais envisager une randonnée de plusieurs semaines. Le choix des points de départ et d’arrivée fut une fois de plus affaire de larron. Vaison la Romaine pour le départ, ma femme devant s’y rendre fin juillet. Vitry le François, comme arrivée, conséquence d’une météo pluvieuse qui me fit mettre un terme à ce périple un peu plus précocement que prévu.

L’idée première était, partant de Vaison la Romaine, de remonter le plus au nord pour rejoindre la région lilloise. S’ensuivit la recherche de véloroutes et autres itinéraires labellisés dont l’enchaînement pourrait me ramener à mon port d’attache par des voies pittoresques. Bannissant la ligne droite et !e sillon rhodanien, la grande traversée des Alpes, ou au moins une grande partie, suivie de la grande traversée du Jura s’imposa comme un itinéraire stimulant. Certes cela présentait des allures de défi pour le flandrien que je suis et qui pour tout col ne pratique régulièrement que celui de la Croix Jubaru, culminant à 99 mètres sur les contreforts du Mont Saint Aubert (B). Mais la perspective était trop séduisante pour ne pas y succomber au risque d’une déconvenue.

Quelques sorties longues le mois précédent et une semaine dans le Vercors associant randonnée pédestre et cycliste devaient, je l’espérais en tout cas, me préparer convenablement à ce parcours pour le moins vallonné.

Le découpage des étapes fut totalement improvisé. Si la traversée des Alpes laissait présager un fractionnement rythmé par le passage quotidien d’un col, je n’avais pas fixé préalablement de points de chute m’en remettant, sinon à la providence, au moins à mon sens pratique et à la souplesse que procure le cyclo-camping.

Le parcours dont la trace est disponible sur Openrunner en 3 fichiers : Vaison – Thonon, Thonon – Joinville, Joinville – Vitry.
780 km et 11 700 m de D+
750 km et 15 000 m de D+

Carte ou GPS ?

La question se posait de m’en remettre aux nouvelles technologies ou de persévérer dans la tradition cartographique. La seconde option présentait l’inconvénient d’un nombre de cartes conséquent pour disposer d’une précision suffisante mais l’avantage de l’indépendance énergétique et d’une bonne visibilité en roulant. La première permettait de voyager léger à condition de pouvoir charger régulièrement les batteries.

J’optai finalement pour une solution mixte. Ayant tracé mon itinéraire sur Openrunner, je l’imprimai sur une vingtaine de feuilles A4 et exportai la trace sur mon GPS «au cas où». Cela se révéla de mon point de vue un bon compromis.

Pour en finir avec les préliminaires

Je n’ai pas la méticulosité des écrivains voyageurs qui notent avec détail, itinéraires, paysages ambiances, rencontres, considérations sociologiques… Ma mémoire, très sélective, quelques notes rapidement écrites chaque soir, cartes et photographies ne sauraient alimenter un véritable carnet de voyage propre à aider le cycliste en passe d’envisager le même itinéraire.

Les lignes et photographies qui suivent pourront peut-être donner envie de faire le pas à ceux qui hésitent encore à se lancer sur les routes pour une randonnée au long cours.

1ère étape : Vaison la Romaine – Sisteron

Je pars après une nuit de fortes pluies ayant, en cette veille de départ, dormi au sec et dans un lit. Vers huit heures, la pluie a cessé et une éclaircie se dessine a l’ouest. A l’est, le ciel demeure très chargé et le Ventoux encapuchonné.

J’ai connu la vallée du Toulourenc sous des cieux plus radieux, mais Savaillon garde tout son charme malgré la grisaille. A Montbrun les Bains, le col de Macuegne fait figure de test. Neuf kilomètres avec une pente moyenne de 5% n’ont rien de redoutable mais c’est ma première montée chargé, son franchissement comporte une part d’inconnu. Cela passe sans difficulté au point que je fais un détour pour franchir le col de l’Homme mort tout proche, espérant un point de vue que je ne trouverai pas. Le vent favorable facilite la montée colportant avec lui des senteurs de lavande.

Il est encore tôt quand je parviens à Sisteron et pourrais rouler encore mais j’ai présent à l’esprit le reproche que je m’adresse à chaque fin de randonnée d’avoir accumulé les kilomètres sans profiter des lieux traversés. Résolu cette fois à prendre le temps, je plante la tente au camping et déambule dans la ville non sans monter, en vélo bien sûr, sur les hauteurs.

Savaillon dans la grisaille.
L’église.
Premier col chargé.
Entre col de Macuegne et col de l’Homme mort, la lavande se sent autant qu’elle ne se voit.
En rejoignant le col de Macuegne.
Le Rocher de la Baume, une des figures emblématiques de la ville qui doit sa verticalité aux soulèvements provoqués par l’émergence du mont Ventoux, de la montagne de Lure puis des Alpes.
La vallée du Buëch, vue des hauteurs de Sisteron

2 ème étape : Sisteron – Guillaumes

Je quitte Sisteron en direction de la chapelle Saint Donat. La dame de l’office de tourisme m’avait confirmé que c’était une belle route, croyant utile de préciser que « ça monte sévère ». Je m’attendais à une route secondaire cachant traitreusement dans ses lacets des pentes à 10%. Je trouverai en fait une route tranquille et peu pentue.

A Chateauredon, force est d’emprunter la N85 pendant une quinzaine de kilomètres, faute d’alternative. La circulation y est finalement supportable. A Barreme je bifurque vers Saint André des Alpes puis Vergons admirant au passage les tentatrices eaux turquoises du lac de Castillon. La chaleur est bien présente mais pas question d’une baignade, il me reste de la route.

Allot constitue un terme possible de cette étape. Mais le sommet du col de la Cayolle est encore à 60 kilomètres et le prochain camping n’est qu’à 28 kilomètres avec toutefois une interrogation sur le dénivelé. Il n’est que 16 heures et requinqué par une part de tarte à la confiture d’abricot, je repars vers Guillaumes que je rejoins sans difficulté, ménageant plusieurs haltes paysagères entre les roches rougeâtres des gorges de Daluis aux à-pics saisissants.

Demain, l’épreuve de vérité avec le franchissement du col de la Cayolle.

Le moulin de Châteauneuf Val Saint Donat.
Le lac de Castillon, lac de retenue qui résulte de la construction d’un barrage. Activités nautiques et pèche y sont largement pratiquées. Le cycliste randonneur se satisfera de la couleur turquoise de ses eaux.
Les gorges de Daluis, un paysage de canyons creusés par le Var et son affluent le Cians.

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Grande traversée des Alpes, du Jura et un peu plus (4)

Vue du col de l’Iseran.

8ème étape : Bessans – Bourg Saint Maurice

J’avais réglé mon alarme sur cinq heures mais sinon transi au moins bien rafraichi, je me lève avant préférant avancer mon départ plutôt que de poursuivre une fin de nuit sans sommeil. J’avais pourtant anticipé la chose sentant la fraicheur rapidement chasser la touffeur de l’après-midi une fois le soleil eût disparu derrière le versant opposé. Je m’étais couvert en conséquence mais insuffisamment pour cette nuit à 1700 mètres d’altitude.

C’est presque grelottant et l’onglet aux mains que je m’engage sur la route de Bonneval sur Arc malgré deux maillots à manches longues, un coupe vent, une cagoule et mes gants à doigts longs. Tandis que je mouline, j’ai du mal ä imaginer que dans quelques kilomètres je suerai sans doute. De fait, un kilomètre après l’entame de la montée du col, je m’arrête pour ôter toutes les couches supérieures ne gardant qu’un maillot débarrassé de ses manches amovibles.

Une fois de plus, l’effort occulte la mémoire et de l’Iseran, je garde surtout le souvenir de la longue et plaisante descente vers Bourg Saint Maurice.

Pollution visuelle.
Une manière de surfer sur l’évènement comme on dit dans la COM.

9ème étape : Bourg Saint Maurice – Praz sur Alry

La journée s’annonce ensoleillée, mais je grimpe à l’ombre et dans la fraicheur à cette heure matinale.

20 km d’ascension et une pente moyenne à 6%, le Cormet de Roselend n’est pas le col le plus dur mais je garde le souvenir d’une montée soutenue. Pas grand monde sur la route ni au sommet. Moins réputé sans doute que les grands frères. 

Je m’interroge sur ma capacité à enchaîner avec le Col des saisies, un cycliste qui connait le terrain me rassure. Je m’assure à l’Office du tourisme de Beaufort des sites de camping et devrai faire un détour de 5 km pour trouver une aire à Praz-sur-Arly.

La montée vers le Col des Saisies se fait sous un soleil quasiment zénithal et je sue abondamment liquidant pratiquement deux bidons de 75 cl. « Du col vaste panorama sur la vallée. Échange avec un couple de cyclos qui fait la GTA dans l’autre sens. » relatent mes notes.

A Praz-sur-Arly, charmant camping où la propriétaire met à ma disposition une grande tonnelle disposant d’un gros matelas et m’évite ainsi un montage et surtout démontage, source d’un peu de sommeil en plus.

L’aiguille des glaciers.
Le lac de Roselend
La chaîne des Aravis vue des Saisies.
Vers Notre-Dame de Bellecombe.

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Tour en Vallée Borgne

Vue du Col de L’Espinas, qui domine la Vallée Borgne.

Cette randonnée a été réalisée en septembre 2021. C’est un itinéraire personnel fruit des circonstances et qui, à défaut de donner l’envie de le suivre exactement, incitera peut-être à parcourir les petites routes des Cévennes.

Le prétexte de cette balade, effectuée avec mon frère, était de rejoindre Saint-André-de-Valborgne, petit village au bord du Gardon de Saint-Jean, attaché à notre enfance.

C’est un tracé vallonné sans difficulté majeure, seul le Col de Peyrefiche présentant dans le sens où nous l’avons franchi des passages à plus de 10%. Il emprunte pour l’essentiel des routes peu fréquentées et pittoresques.

Compte tenu du temps disponible et souhaitant minimiser le déplacement en voiture, le départ fut fixé à Notre Dame de Londres. Un départ de Ganges, point de passage commun à l’aller et au retour, permet de réduire le kilométrage (125 km) et d’envisager cette boucle sur la journée.

Départ donc de Notre Dame de Londres. Une courte montée permet de s’échauffer avant de redescendre vers la vallée de l’Hérault que l’on franchit sur un imposant pont de pierre.

De là, un cheminement relativement rectiligne conduit à Ganges. Malgré le faible dénivelé, on ne franchit pas moins un premier col, celui de La Cyre, perceptible davantage sur la carte que sur le terrain.

A partir de Ganges, la route s’élève régulièrement jusque Saint Martial suivant peu ou prou les méandres du Reitord.

A Saint Martial, s’amorce la montée vers le col de La Peyrade, suivi par celui de Bès et enfin de l’Asclier. Puis longue descente vers Saumane d’où nous suivons la route remontant la vallée du Gardon en direction de Saint André de Valborgne.

Une première variante est possible peu après le cole de l’Asclier qui fait rejoindre Saumane en passant par l’Estrechure. Une seconde à la sortie de Saumane qui grimpe vers Saint-Roman-de-Tousque pour suivre la Corniche des Cévennes jusque Le Pompidou et là descendre vers Saint-André-de-Valborgne. Quelques kilomètres et un peu de dénivelé supplémentaires.

Le village est en fête et après avoir revu quelques lieux emblématiques nous y faisons une halte réhydratation prolongée avant d’entamer les deux derniers cols de la journée, celui de l’Espinas et le Col du Pas. Des deux, seul le premier compte vraiment, le second étant distant de quelques kilomètres en léger faux plat descendant. S’amorce la descente vers Valleraugue terme de notre première journée.

Départ à la fraiche, en suivant tranquillement la rivière que l’on quitte au Mazet pour entreprendre l’ascension du col de Peyrefiche puis des Vieilles filles.

La pente est régulière, plus soutenue dans la seconde moitié. La descente vers Le Vigan sera ralentie par la petite bosse du col des Mourèzes. Apres le Vigan, un peu de dénivelé nous attend pour rejoindre la vallée de la Vis qui se jette dans l’Hérault à Ganges. L’itinéraire ramenant à Notre Dame de Londres, plus court que celui de l’aller, suit une voie plus passante mais disposant d’une large bande cyclable.

Epilogue : Alors que les photos qui suivent donnent à voir des cours d’eau ténus, le week-suivant connaîtra de fortes inondations en raison d’abondants orages.

L’itinéraire disponible sur Openrunner.
Des brumes matinales trainent encore dans la Vallée de l’Hérault.
Le pont en pierre de Saint-Etienne d’Issensac, franchit l’Hérault.
Au premier plan, un des avant-becs qui protège le tablier du pont du courant.
Vers Ganges.
Sumène
La vallée du Rieutord vers Saint-Martial
En arrière-plan, des vestiges de cultures en terrasses, typique des Cévennes.
Saint-Martial en ligne de mire.
Vers le col de la Tribale.
Cole de Bès
Un peu après le col de Bès.
Le panneau que l’on aperçoit à gauche indique une chasse au sanglier en cours.
Vers le Col de l’Asclier.
Le pont moutonnier du col de l’Asclier sur lequel les troupeaux traversent la route.
Vers Les Plantiers.
A Saumane, on rejoint la vallée du gardon de Saint-Jean
Saint André de Valborgne.
Vers le col de l’Espinas.
Le col du Pas.
Valleraugue.
La vallée de l’Herault.
Col de Peyrefiche
Vers le col des Vieilles
Vers Mandagout
Cascade de Saint Laurent le Minier qui doit son nom aux mines d’or et d’argent, exploitées depuis le Moyen Age.
Laroque
Vallée de l’Hérault
L’arrivée n’est plus très loin.
Notre Dame de Londres.

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