Le vélo en car???

Si je vous dis que ce vélo pèse 9 kilos, peut porter un cycliste pesant vingt-quatre fois son poids (soit 216 kgs) et si je vous demande en quelle matière il est fabriqué que répondez vous ?

Allez je vous aide, cela commence par car…

« Carbone ? », non ce serait trop simple.

« Carrelage ? », original mais peu compatible avec le poids annoncé.

Langue au chat ? Carton bien sûr.

Oui, vous ne rêvez pas. Cette rutilante machine est fabriquée, à quelques accessoires près, en carton.

C’est l’œuvre d’un chercheur israélien, Izhar Gafni, qui a eu l’idée de cette construction après avoir eu connaissance d’un canot fabriqué dans cette matière. Dénommé Alfa, ce vélo est né au terme d’une phase de conception de trois ans.

Tout un temps a été nécessaire pour comprendre comment utiliser au mieux la structure du carton afin de le rendre solide en recourant à des techniques de pliage, selon le principe de l’origami. Ceci a permis le dépôt de plusieurs brevets.

L’objectif est de le produire en série à un prix de l’ordre de 7 à 9 euros pour un vélo adulte et la moitié pour un vélo enfant.

Comme vous pourrez le constater sur la video associée au lien ci-dessous (en anglais, mais vous trouverez sur Youtube des vidéos plus courtes avec sous-titres français), ce vélo est totalement roulable et ne craint pas l’eau. A voir les contraintes auxquelles sont soumises certaines constructions en carton on peut penser qu’il est également solide.

Voilà donc un vélo doublement durable.

http://vimeo.com/37584656

Quelques photos extraites de la vidéo.

Mon vélo mono pignon

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il était là, posé contre le mur antibruit de la voie rapide, les pneus à plat, la chaîne et le dérailleur complètement rouillés, le cadre poussiéreux, à se demander comment il avait pu arriver jusqu’à cet endroit. C’était un modèle des années 70, cadre en acier, roues de 700, double plateau, pneus de 28, gardes boues et porte bagage. Je ne jurerai pas qu’une arrière pensée de récupération ne m’ait pas dès cet instant traversé l’esprit mais je passai ma route ne jetant qu’un coup d’œil furtif.

Il était toujours là alors que je rentrais le soir et, cette fois, je ne pus m’empêcher un regard plus appuyé, confirmant l’état d’abandon et la qualité du cycle dans sa prime jeunesse. Respectueux du bien d’autrui, j’étais réticent à l’idée de le ramener à la maison. D’un autre côté, je me remémorais les différents vélos que l’on nous avait volés et décidai de surseoir avant toute appropriation intempestive. S’il était toujours présent à 22h30, au retour de mon entraînement de natation, je le prendrais.

Enchainant les longueurs de bassin, j’imaginais les différentes options de réhabilitation. Je pourrais simplement le remettre peu ou prou dans son état d’origine et en faire un vélo de ville pour un des mes fils. J’étais également tenté de succomber à la mode du fixie.

Je n’avais pas tranché alors que je m’approchais, non sans impatience, du lieu de découverte. Y serait-il encore? Il y était et je m’attardai afin de l’examiner d’un peu plus près. La couche de rouille, l’état des roues et des transmissions me convainquirent définitivement qu’il s’agissait d’un cycle abandonné et non volé.

C’est donc un vélo dans chaque main que je rentrai chez moi.

L’option fixie se détachant, je commençai par consulter des sites consacrés à ce type de matériel. Parmi ceux-ci, je vous conseille particulièrement :

  •  Fixiesinglespeed (http://fixie-singlespeed.com) qui propose articles techniques, vidéos, conseils, photos de fixies particulièrement réussis ;

Je vous recommande également Fixiestudio (http://www.fixiestudio.com) qui vous permet de visualiser l’aspect de votre projet en jouant sur différents paramètres : forme et couleur du guidon, couleur du cadre et de la fourche, couleur du pédalier etc… Il permet également de calculer le développement selon la taille du plateau et du pignon.

Ce fut très instructif et me permit de vérifier que l’engin récupéré était propre à l’usage que je projetais. Il faut par exemple que les pattes de fixation soient profondes et horizontales de façon à pouvoir tendre la chaîne de façon optimale en l’absence de dérailleur. Des pattes orientées verticalement ne conviennent pas du tout. De même, les pédaliers à clavettes ne sont pas adaptés compte tenu des efforts subis.

Après avoir lu quelques articles concernant les techniques de freinage en fixie, je décidai que cette pratique n’était plus vraiment de mon âge et que l’option mono-vitesse avec roue libre était plus en rapport avec mes attentes et mes aptitudes.

Si la forme des pattes était idoine, il n’en était pas ainsi du pédalier. La pose d’un axe à bout carrés nécessita un taraudage, le filetage du boîtier en place étant au pas français. Je confiai cette opération à mon vélociste (Fallet à Mons en Baroeul) qui eut par ailleurs de la difficulté à trouver un nouveau boîtier à la bonne longueur. C’est lui également qui se chargea du montage du pignon et du réglage de l’axe de chaîne qui requit également quelques adaptations.

J’avais envisagé de récupérer les moyeux d’origine dont les joues étant en accord avec le reste du cycle. Cela ne fut pas possible et finalement il fut équipé de deux roues type route.

Me revint le décapage, la peinture du cadre et de la fourche ainsi que le montage des autres accessoires après, pour ces derniers, un petit toilettage.

Pour les pneus, j’en récupérai deux de 25 achetés pour Paris-Roubaix, option qui outre l’économie faite en la circonstance procure par ailleurs un petit confort supplémentaire. Récupération également des pédales d’origine de mon vélo de route, inutilisées depuis que je les avais remplacées par des cale-pieds automatiques.

Je suis très satisfait du résultat.

Sur un plan esthétique tout d’abord. J’aime sa forme gracile qui tranche avec les épais profils de ses frères aluminisés ou carbonés et qu’accentue l’absence de dérailleur.

En termes de conduite, le rapport choisi que, dans mon impotence actuelle, je ne vous livrerai pas immédiatement faute de l’avoir enregistré et n’osant pas demander à ma femme d’aller à la cave compter les dents des plateau et pignon, est idéal pour un usage urbain, même si parfois je me surprends sur terrain plat et par vent arrière à tenter en vain de changer de développement. Il permet des démarrages faciles et le franchissement de côtes un peu raides.

Je trouve vraiment agréable de changer de vélo et donc de style de conduite au gré de mon humeur, du type de déplacement ou de la météo, l’absence de garde-boue réservant mon nouveau véhicule au temps sec.

Depuis, j’ai récupéré chez mon beau-frère deux cadres que je compte bien retaper, même si la place commence à manquer pour les garer.

Pour peindre les parements en rouge, après avoir appliqué la peinture noire, j’ai confectionné de la pâte à pain avec laquelle j’ai masqué la partie en creux et le départ des tubes de cadre, les parties en inox ayant été protégées avec de l’adhésif (fourche et potence démontées bien sûr) et j’ai ensuite peint rouge.

Les pattes arrières sont d’une forme adaptée au mono pignon.

Après un petit décapage, j’ai pu utiliser les freins d’origine.

Le pédalier est lui d’une forme contemporaine.

Lille – Hardelot 2012

Parmi mes articles en retard figure la relation de Lille Hardelot, entamée et laissée en jachère. Je reprends donc ce récit qui je le crains ne sera pas très homogène, ma mémoire étant moins fidèle à distance de l’évènement.

Je savais, en allant chercher ma plaque de cadre sous le soleil ce samedi, qu’il n’en serait pas ainsi le lendemain. J’avais même imaginé la pluie et avais disposé dans mon sac à dos une poche étanche contenant des vêtements secs pour le retour.

C’est ainsi équipé que je partis un peu avant sept heures. Une fois n’est pas coutume, le départ était proche de mon domicile et il me fallut moins de dix minutes pour rejoindre Lille Grand Palais.

La perspective d’un temps maussade n’avait pas découragé les participants et ils étaient très nombreux derrière l’arche du départ attendant le top des organisateurs.

Le départ donné, c’est un flux continu de cyclistes qui se forme et il en sera ainsi pendant pratiquement les vingt premiers kilomètres. La prudence est de mise car il en est qui, à la recherche d’un record ou de leurs équipiers, doublent ou slaloment de façon parfois inconsidérée.

Vers le vingtième kilomètre, les pelotons s’espacent, mais il suffira d’un feu rouge à Sailly-sur-la Lys pour que des recollements s’opèrent.

Déjouant là encore mes pronostics, le vent nous est favorable et c’est plutôt sans effort et à bonne allure que nous parcourons les soixante kilomètres qui nous séparent de Roquetoire, lieu du premier ravitaillement.

Les stands sont au bord de la saturation et les bénévoles s’activent pour réapprovisionner les tables en fruits secs, gâteaux, quartiers d’orange. Le ravitaillement est abondant mais les convives nombreux.

Si le paysage prend des formes, les choses sérieuses ne commencent qu’à une dizaine de kilomètres avec la côte d’Elfaut, petite mise en jambes, bienvenue en ce qui me concerne car j’ai un peu de mal à me réchauffer après l’arrêt à Roquetoire. Une belle descente nous amènera à Wismes, dont on pressent que le soleil en accroîtrait le charme.

S’il ne pleut pas, le temps est franchement gris et nébuleux. Croisant des éoliennes, ce n’est qu’à leur hauteur que nous distinguerons leurs palles dans la partie haute de leur rotation. Ce temps automnal demeurera toute la journée et je laisserai passer de nombreux calvaires et clochers sans les photographier mais m’efforçant de mémoriser leur localisation, en vain comme je peux en attester alors que j’écris ces lignes.

Entre Wismes et Lottinghem, point de ravitaillement suivant, deux côtes significatives, celles du Mont Bart et la côte de Quendal dont les pourcentages maximum restent cependant à un chiffre. Elles n’en contribueront pas moins à étirer les groupes.

Peu après Lottinghen, arrive la côte de La Calique, longue de deux kilomètres dont la moitié avec un pourcentage moyen de plus de 8% et un maximum de 15%. La route est relativement rectiligne ce qui en facilite l’ascension.

Pas de difficulté ensuite jusque Samer. Je crèverai pour ma part dans la montée qui y conduit.

Situé à une vingtaine de kilomètres de l’arrivée, je croyais naïvement que le ravitaillement de Samer marquait la fin des difficultés. C’était sans compter sur la côte du Haut Pichot. Du croisement avec la D 215, qui oblige fréquemment à un arrêt, au Calvaire qui marque la fin de la montée, s’étire un kilomètre cent avec un dénivelé moyen de 9% et un maximum à 14%. Je maudirai une fois de plus les voitures suiveuses qui ne font qu’encombrer inutilement la route et gêner la progression, les dépassements devenant compliqués.

Une fois parvenu à Hardelot, pas de farniente sur la plage. Le temps est franchement gris et humide et après avoir goûté sommairement l’air marin, je reprends mon vélo, direction Boulogne gare.

Il est vraisemblable, vu le succès rencontré, que cette édition 2012 augure un renouveau durable de cette classique cyclotouriste. Nous ne pouvons que nous en réjouir, le parcours et l’organisation étant remarquables.

La perspective est trompeuse et de nombreux participants attendent le départ.

 Ce seront les premiers à s’élancer.

La fièvre monte.

C’est parti !

La première vague partie je m’élance à mon tour faisant une halte Grand Place pour photographier cette crevaison précoce. Rira bien …

Foule dense au premier ravitaillement.

Les bénévoles s’activent.

Flux de cyclistes ininterrompu.

Le vélo n’est pas en chocolat !

L’église Wismes dans la grisaille.

Une sympathique descente conduit au centre du village.

Près de Nielles les Blequin.

Des cyclistes qui ne s’arrêteront pas pour profiter du paysage.

Je reverrai la place de Samer, sous le soleil cette fois, lors d’Orchies Boulogne quelques semaines plus tard.

Encore un peu tôt en saison pour la baignade.

En attendant le train.