Aller travailler en vélo

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Je profite encore de quelques coins de verdure en allant travailler, mais ceci ne devait pas durer

Pouvoir aller travailler en vélo est vraiment agréable. Je dis bien pouvoir et non devoir, car j’imagine bien que le faire tous les jours de la semaine, quels que soient le temps et l’envie, peut ne pas être une sinécure. J’ai la chance de pouvoir opter indifféremment pour le métro ou le vélo, selon mon humeur, la pluviosité, ma tenue vestimentaire obligée…

Parfois, c’est l’envie de ne pas interrompre ma lecture du moment qui me pousse à choisir le métro alors que toutes les conditions sont réunies pour un trajet cycliste.

Aller travailler en vélo me donne l’impression de ne pas y aller, surtout à la belle saison. A tel point qu’il m’est arrivé de partir en oubliant mon sac. Je m’en suis aperçu au deux tiers de la route et j’ai du rebrousser chemin.

A l’heure à laquelle je pars, certaines rues du centre ville sont encore pratiquement vierges de circulation. La traversée du Bois de Boulogne ajoute à l’impression de vacances.

Le soir, la route du retour est le moyen de s’aérer le corps mais aussi le cerveau.

Ce matin était comme je les aime en cette saison, froid et sec. Le choix des gants fourrés et du tour de cou s’avérait judicieux. Les pelouses du Bois de Boulogne étaient couvertes de givre et la Deule exhalait des fumeroles qui, dans le demi-jour, transformaient les péniches glissant lentement en autant d’ « Hollandais volants ».

Passé l’avenue de l’Hippodrome, les feux sont moins nombreux et quelques lignes droites à bonne allure permirent une montée en température qu’une circulation fractionnée avait empêché.

Rando des As 2010 (Espoir Cycliste de Wambrechies – Marquette)

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Départ vers la mine : Heigh-ho, Heigh-ho, on y va à vélo…

Marquette ou Phalempin. Entre les deux mes mollets balançaient. Une courte nuit et la nécessité de ne pas revenir trop tard m’ont fait choisir le point de départ le plus proche à savoir Marquette. Par ailleurs n’ayant pas participé à un brevet depuis pratiquement un mois et demi pour cause d’astreinte, de repas de quartier, d’organisation de balade cyclotouriste, de repérage de balade de quartier, de balade de quartier, l’ajout de l’aller retour Mons – Phalempin aux 90 km aurait peut être fait beaucoup.

L’autre avantage de la proximité était, partant plus tard, de ne pas rouler de nuit et donc au froid. Car ce dimanche matin, avec deux degrés, la tenue d’hiver était de rigueur. Pas la tenue grand froid mais les collants quand même. J’ai rangé mes cuissards bien au fond du placard.

Une fois le soleil levé, il fit grand beau ce qui tempéra la fraicheur de l’air, accentuée sur le retour par un vent soutenu. Si soutenu que j’ai préféré m’accrocher à quatuor de la BSD plutôt que de m’arrêter pour prendre des photos alors qu’une belle lumière était pourvoyeuse de couleurs vives et contrastées.

Le parcours proposé était plaisant même si l’on tarde à quitter la ville, quoique. Quoique, peu après être passé sous la rocade nord-ouest en direction de Verlinghem, en bifurquant à gauche, le chemin des Muchaux nous propulse tout d’un coup sur une petite route en plein champ. Le contraste est saisissant. Une brève incursion sur la D 257 et nous voilà repartis vers Lompret par une allée bordée d’arbres.

Après un bref passage en pays minier, le retour se fait sur des routes connues avec le franchissement de l’inévitable Mons en Pévèle.

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Ravitaillement à Ostricourt

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Mons en Pévèle est passé, reste le vent.

Le parcours du 90 km est le suivant :

Marquette, Saint André, Lambersart, Ch des Muchaux, Ch/ la Phalecque, Lompret, Pérenchies, Lomme, Englos, Santes, Wawrin, Allennes les Marais, Carvin, Camphin en Carembault, Ennecourt, Wahagnies, Oignies, Ostricourt, Lerorest, Moncheaux, La Vacquerie, Mons en Pévèle, Martinval, Merignies, Petit Attiches, Attiches, Martinsart, Seclin, Emmerin, Port de Santes, Santes, Hallennes les Haubourdin, Escobecques, Ennetières en Weppes, Premesques, Pérenchies, Lompret, Ch. La Phalecque, Verlinghem, Chemin noir, Wambrechies, Marquette.

Le balisage est constitué du mot AS surmonté d’une flèche. Il faut parfois faire attention aux changements de direction, notamment dans Ennetière en Weppes, attention à la bifurcation à gauche vers Premesques. A trop coller à mon quatuor bancaire je l’ai suivi dans l’erreur. Voilà qui me conforte dans ma conviction qu’il faut avoir une confiance relative dans cette profession.

Il fallait bien une morale à cet article.

Uffholz – Mons en Baroeul (3ème étape Maxey sur Vaise – Dun sur Meuse)

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La Meuse à Saint-Mihiel (Aquarelle – coll particulière)

25 août

Ce matin départ au sec, même si le ciel demeure couvert.

J’écoute avec délice le doux ronronnement de la chaîne désormais bien huilée et me souviens que traînent dans ma cave des fonds de bidons d’huile de moteur que je pourrais sans doute utilement recycler dans le graissage de chaîne. Ce pourrait être une protection efficace contre la corrosion due au sel pendant la période hivernale.

Mais bien que le temps de ces jours derniers permette d’en douter, l’hiver est encore loin, profitons de l’été.

Je poursuis ma route tranquille le long du fleuve.

Passage à Commercy dont je découvre qu’elle dispose d’un vélodrome.

A Mecrin, je constate qu’une route qui semblait coupée sur ma carte au 250.000 ème m’amène en fait directement à Brassettes. Une fois parvenu, un fermier m’indique un chemin communal qui file vers Ailly sur Meuse. Ces itinéraires bis m’évitent dix kilomètres sur la départementale qui mène à Saint-Mihiel. J’y fais mes courses et échange quelques propos vélocypédiques avec un charcutier cycliste.

Je reprends mon chemin et m’arrête aux Paroches pour pique niquer sur ce qui fait office de place de l’Eglise. Arrive alors un cyclo au long cours et nous engageons la conversation. Parti d’Amsterdam, il rejoint Lyon pour ensuite rentrer en Autriche après avoir travaillé 10 ans à Washington en tant qu’architecte. Je lui indique la route découverte le matin avec, par la suite, la crainte de l’avoir envoyé dans une galère car sa carte routière est encore moins détaillée que la mienne et il traine quand même un vélo de 45 kilos.

Nous nous prenons mutuellement en photo et échangeons nos adresses électroniques puis repartons chacun de notre côté.

La route vers Verdun est agréable sur une départementale pas trop fréquentée et avec un temps ensoleillé.

A Verdun, je quitte la vallée pour grimper sur le plateau de l’Argonne et traverser quelques lieux historiques de la guerre 1914-1918. Changement de rythme par rapport à ces deux derniers jours en plaine. J’observe des traces de la semaine fédérale de la FCCT, plusieurs communes ayant laissé leurs décorations « vélo ».

Le temps s’est couvert et le paysage est plutôt austère. Après un passage au mémorial américain de Montfaucon, je rejoins le cimetière américain de Romagne-sous-Monfaucon. C’est un lieu étonnant. Une longue pelouse bordée d’arbres sépare le domaine en deux, qu’une route, ouverte à la circulation, traverse de part et d’autre de la pelouse. Sur un des côtés, s’étend le cimetière. Deux rangées de quatre pelouses taillées court abritent des milliers de croix blanches alignées.

Malgré la route traversante, l’endroit paraît coupé du monde et hors du temps. Un calme éternel semble l’envelopper que rompent seulement tous les quarts d’heure sonneries aux morts ou airs yankees.

Le cimetière allemand situé quelques centaines de mètres plus loin est de taille et d’allure plus modestes.

J’amorce alors mon retour dans la vallée pour rejoindre Dun sur Meuse. Je suis scrupuleusement les indications de la logeuse et suit la direction de l’église du XIV éme siècle. La montée est rude et parvenu presque au sommet, je me dis que je vais me retrouver au pied du monument mais sûrement pas rue du Pape Etienne. Je redescends donc de l’autre côté, espérant trouver la rue attendue. Je me retrouve sur les bords de meuse et demande à plusieurs passants mon chemin. En vain, manifestement celle-ci est peu connue. Finalement, un plan de la ville trouvé au hasard des mes allées et venues me confirmera qu’il fallait persévérer. Je remonte donc la côte, petit plateau grand pignon, et finis par trouver la rue et la chambre d’hôtes. Située à flanc de coteau, la maison offre une large vue sur la vallée. La chambre est très confortable et l’accueil chaleureux. Voyant mon air dépité en apprenant qu’il n’est pas possible de cuisiner et qu’il faut redescendre et donc remonter pour se restaurer, mon hôtesse finira par me préparer mes pâtes lyophilisées. J’avais prévu large et une tisane digestive fut bienvenue.

Pour vous renseigner ou réserver : ploner.dun@free.fr

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Le canal de l’Est à Troussey où il rejoint le canal de la Marne au Rhin.

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Point d’interrogation sur mon carnet de notes pour cette photo.

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Pharmacie de L’art nouveau à Commercy.

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La Meuse à Saint Mihiel, côté pile…

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La Meuse à Saint Mihiel, côté face…

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In Les Paroches, habe ich Michael, einen österreichischen Radfahrer, getroffen.

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Ich unf mein fahrrad, vor der  Kirche von Les Paroches

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Sur la route vers Verdun

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 Sur le plateau

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Un des huit « carrés » du cimetière américain de Romagne-sous-Monfaucon

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Le clocher de l’église de Dun

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La vallée vue de l’église.

Topo :

Cette étape est la plus longue avec près de 150 km. Il fallait rattraper la distance plus courte parcourue le 1er jour.

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Uffholz – Mons en Baroeul (2ème étape Remiremont – Maxey sur vaise)

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Au même moment, sur la côte méditerranéenne des baigneurs cherchent l’ombre du parasol.

24 août

Départ sous la pluie. Ce n’est pas le déluge mais je me félicite néanmoins d’avoir suivi les conseils de mon marchand de vélo et d’avoir acheté des sacoches Ortlieb imperméables. Elles sont par ailleurs très pratiques se clipsant sans effort sur le porte-bagage.

L’objectif du jour est de rejoindre la vallée de la Meuse, un peu au nord de Neufchâteau puis d’en suivre plus ou moins le cours.

De Remiremont il faut d’abord accéder au plateau. Une montée d’une vingtaine de kilomètres mène à Xertigny avec de longs passages en forêt où, en ce matin humide, se mêlent odeurs de fougère, d’herbe mouillée et de sapin. Le temps demeure maussade une grande partie de la matinée.

Je m’arrête à Remoncourt pour y pique-niquer la pluie ayant cessé. Je m’achète une tarte aux myrtilles avec le projet de la manger en buvant un café. Las, il me faudra y renoncer faute de trouver un café sur ma route. Le seul du village est fermé et à vendre et par la suite, les rares troquets croisés sont fermés pour cause de vacances. A emprunter des routes secondaires je réalise le nombre de villages qui ne disposent d’aucune boutique.

Le temps s’améliore progressivement et c’est sous le soleil que je parviens à Domrémy la Pucelle en compagnie de Mallet et Isaac et de Lagarde et Michard (1).

De fait c’est plutôt la deuxième paire qui m’accompagne car si j’ai tout oublié du bon roi que la Pucelle a rejoint pour bouter les anglois hors de France, me reviennent en mémoire les vers de Peguy que je tiens parmi les plus beaux dans mon anthologie personnelle de la poésie française.

« Adieu, Meuse endormeuse et douce à mon enfance,

Qui demeures aux prés, où tu coules tout bas.

Meuse, adieu : j’ai déjà commencé ma partance

En des pays nouveaux où tu ne coules pas »

Et de regarder la Meuse musarder en songeant à l’enfant qui, selon les indications historico-touristiques, emmenait paître les troupeaux pour son père, quand le tour de la famille était venu.

Cette rêverie passagère ne m’a pas fait oublier les nourritures terrestres que je transporte dans ma sacoche et me résous à manger sans café avant de reprendre mon chemin en suivant la rive droite. La route y sinue au gré des méandres de la rivière que l’on entrevoit par moments au centre de la plaine ou que l’on côtoie parfois.

En cette fin d’étape, mon plaisir est un peu gâché par le couinement de ma chaîne qui manifestement souffre d’un manque d’huile. Les averses rencontrées durant le trajet aller à l’arrière de la voiture ont du ôter une bonne partie de celle mise avant le départ et les récentes pluies ont achevé l’ouvrage.

J’arrive à Maxey sur Vaise, étape du jour, non sans éprouver une légère appréhension quand je découvre que le village borde une départementale assez fréquentée. Mes craintes ne seront pas fondées. Les premières maisons formant sans doute un mur antibruit efficace, le centre du village est des plus paisibles. Un ruisseau canalisé court au milieu de la Grand rue, rappelant le charmant village anglais de Burton on Thames.

Je trouve sans peine la chambre d’hôte située dans une énorme maison. La propriétaire me montre où garer mon vélo et je découvre qu’elle abrite également ceux de l’office du tourisme. Je n’hésite plus alors à lui demander un peu d’huile pour ma chaîne. « Je vais demander à mes enfants me dit-elle, je vous laisserai le tout sur cette table ». Promesse fut tenue et je trouvai sur la table un pot et un pinceau. Je mis un peu de temps à réaliser que ce m’était bien destiné car la viscosité de l’huile la faisait davantage ressembler de la mélasse qu’à celle au Teflon que je vaporise habituellement. Je me décidai néanmoins à appliquer la mixture et obtins de la propriétaire qui passait à ce moment là confirmation que je ne m’étais pas trompé. Je me gardai bien de lui faire part de mon premier étonnement et appliquai consciencieusement ce que je savais désormais être de l’huile.

Je vous recommande donc également cette chambre d’hôte tant pour son cachet, chambres qui sentent bon la campagne des années 50, évier en pierre dans la salle commune, mais sanitaires très modernes, que pour la qualité de l’accueil.

noisette.danielle@wanadoo.fr

(1) C’est à rédiger ce genre de note de bas de page que l’on s’aperçoit que l’âge est là. Donc, jeunes lecteurs, Mallet et Isaac étaient deux historiens qui ont fourni aux collégiens et lycéens français de plusieurs générations des manuels scolaires de référence. Lagarde et Michard ont fait de même pour la littérature.

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Voila une photo qui ne fera sans doute pas très plaisir au Comité Départemental du Tourisme des Vosges, pour autant qu’il ait un jour connaissance de cette publication.

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 Changement assez radical de dénivellé après la Route des crêtes. Je ne suis pas vraiment gêné par la circulation. 

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 Envoyer CV, lettre de motivation et prétentions. Une expérience dans un emploi similaire sera un atout.

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 En début d’après midi, le temps se dégage rendant les paysages moins austères.

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L’église de Domremy.

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La Meuse à Domremy.

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« Et pendant ce temps là, Meuse ignorante et douce,

Tu couleras toujours, passante accoutumée,

Dans la vallée heureuse où l’herbe vive pousse… »

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La Grand Rue de Maxey sur Vaise.

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Itinéraire de l’étape 2.